<\/p>\n En cette ann\u00e9e 2021, le prix Amerigo-Vespucci a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Luc Bronner, pour son 4\u00e8me ouvrage \u00ab\u00a0Chaudun, la montagne bless\u00e9e\u00a0\u00bb, paru en 2020 aux Editions du Seuil. Un prix accompagn\u00e9 d’un ch\u00e8que de 1500 euros. Originaire de Gap, Luc Bronner est journaliste de m\u00e9tier, qui fut notamment directeur des r\u00e9dactions du Monde de 2015 \u00e0 2020. Avant le prix Amerigo-Vespucci, il avait d\u00e9j\u00e0 obtenu le prix Albert-Londres de la presse \u00e9crite en 2007, puis le prix du livre d’\u00e9conomie et de sciences sociales 2011 pour son livre \u00ab\u00a0La loi du ghetto\u00a0\u00bb.<\/p>\n \u00ab\u00a0Vous montez un col, traversez une for\u00eat, longez une rivi\u00e8re. Au fond de la vall\u00e9e, les restes d\u2019un village, des blocs de pierre bris\u00e9s, presque rien : ci-g\u00eet Chaudun, village maudit qui fut vendu en 1895 par ses habitants \u00e0 l\u2019administration des Eaux et For\u00eats. Trop d\u2019hommes et de femmes, trop de b\u00eates \u00e0 nourrir. Au fil des ans, la plupart des bois ont disparu, ravag\u00e9s par des coupes excessives. La vall\u00e9e est exsangue, les p\u00e2turages inexploitables. Comme un torrent en crue, le r\u00e9cit de Luc Bronner charrie et recompose toutes les traces du passage des hommes et des femmes dans leur intimit\u00e9 et jusqu\u2019\u00e0 leur fuite in\u00e9luctable.<\/em><\/p>\n \u00c9vocation po\u00e9tique, \u00e9rudite et charnelle des paysages alpins, de leur beaut\u00e9 et de leur cruaut\u00e9, ce livre est le r\u00e9cit minutieux d\u2019un d\u00e9sastre \u00e9cologique et humain et, in fine, d\u2019une r\u00e9surrection : aujourd\u2019hui, Chaudun est le coeur d\u2019un espace ensauvag\u00e9, l\u2019une des plus somptueuses vall\u00e9es d\u2019Europe o\u00f9 l\u2019animal a remplac\u00e9 l\u2019homme. La qu\u00eate s\u2019ach\u00e8ve sur un \u00e9blouissement : \u00ab Il faudrait raconter la jouissance des botanistes dans ces lieux abandonn\u00e9s par l\u2019homme depuis plus d\u2019un si\u00e8cle. Cette \u00e9trange sensation de vertige face \u00e0 la beaut\u00e9 infinie. Je me berce de cette opulence, de cette orgie du v\u00e9g\u00e9tal qui d\u00e9borde de toutes parts, \u00e0 toutes les heures du jour et de la nuit. \u00bb<\/em><\/p>\n Luc Bronner, qui a grandi dans les montagnes des Hautes-Alpes, est directeur des r\u00e9dactions du journal Le Monde ; marcheur infatigable, il est familier des sentiers alpins depuis l\u2019enfance.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n J.J.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Les laur\u00e9ats des prix Amerigo-Vespucci sont connus depuis fin ao\u00fbt (lire notre article), mais c’est ce samedi du temps de […]<\/p>\n","protected":false},"author":44,"featured_media":43604,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[460,7847,8090,2915],"tags":[8197,9018,9019,3133,8380],"acf":[],"yoast_head":"\n
<\/a><\/p>\nLes laur\u00e9ats des prix Amerigo-Vespucci sont connus depuis fin ao\u00fbt (lire notre article<\/a>), mais c’est ce samedi du temps de midi qu’ils ont \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 leurs laur\u00e9ats au Grand Salon de l’H\u00f4tel de Ville, alors que le 32\u00e8me Festival de G\u00e9ographie de Saint-Di\u00e9-des-Vosges bat son plein.<\/strong><\/span><\/h2>\n
Quatri\u00e8me de couverture de Chaudun, la montagne bless\u00e9e\u00a0:<\/strong><\/span><\/h3>\n