Le Grand Est est, apr\u00e8s l\u2019Ile-de-France, la deuxi\u00e8me r\u00e9gion o\u00f9 la surmortalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de coronavirus a \u00e9t\u00e9 la plus forte. Selon une \u00e9tude de l\u2019Insee,\u00a0entre le 2 mars et le 10 mai, 15 240 d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s contre 10 300 en moyenne pour la m\u00eame p\u00e9riode entre 2015 et 2019, soit un exc\u00e8s de 48 %. Le d\u00e9partement des Vosges a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement frapp\u00e9.\u00a0<\/span><\/h2>\nLa surmortalit\u00e9 caus\u00e9e par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Covid-19 a particuli\u00e8rement frapp\u00e9 le Grand Est. Les d\u00e9partements d\u2019Alsace-Moselle et des Vosges ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement touch\u00e9s. Ce mercredi, l\u2019Insee a publi\u00e9 une \u00e9tude qui\u00a0compare la p\u00e9riode du 2 mars au 10 mai, jusqu\u2019\u00e0 la veille du d\u00e9confinement.\u00a0Le Grand Est est la deuxi\u00e8me r\u00e9gion, apr\u00e8s l\u2019\u00cele-de-France, en termes de surmortalit\u00e9 entre le 2 mars et le 10 mai.\u00a0Au total 15 240 d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s contre 10 300 en moyenne pour la m\u00eame p\u00e9riode entre 2015 et 2019, soit un exc\u00e8s de 48 % (indice de 1,48).<\/p>\n
La situation varie tr\u00e8s fortement d\u2019un d\u00e9partement \u00e0 l\u2019autre avec un rapport d\u2019un \u00e0 quinze entre les Ardennes (+ 7 %) et le Haut-Rhin (+ 113 %). Sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode, le Haut-Rhin est l\u2019unique d\u00e9partement o\u00f9 le nombre de d\u00e9c\u00e8s est multipli\u00e9 par plus de deux. Viennent ensuite le Bas-Rhin et les Vosges (+ 58 %), puis la Moselle (+ 47 %). Jusqu\u2019\u00e0 la mi-avril, le Haut-Rhin \u00e9tait le d\u00e9partement enregistrant la plus forte surmortalit\u00e9. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 par la Seine-Saint-Denis.<\/p>\n
L\u2019analyse selon la commune de r\u00e9sidence des d\u00e9funts est \u00e0 mettre en regard de la diffusion spatiale du virus, principalement dans les d\u00e9partements du Bas-Rhin et des\u00a0Vosges, mais aussi le Territoire de Belfort en Bourgogne-Franche-Comt\u00e9. La surmortalit\u00e9 relativement \u00e9lev\u00e9e en Moselle est plus difficile \u00e0 expliquer par la propagation par voisinage. Les d\u00e9partements de l\u2019Aube et des Ardennes sont, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, les plus \u00e9pargn\u00e9s avec respectivement 20 % et 10 % d\u2019exc\u00e9dents de d\u00e9c\u00e8s et ce malgr\u00e9 la proximit\u00e9 de territoires plus touch\u00e9s d\u2019\u00cele-de-France.<\/p>\n
Une surmortalit\u00e9 au plus haut les semaines du 23 mars et 30 mars<\/h3>\n
La p\u00e9riode pendant laquelle la surmortalit\u00e9 hebdomadaire a \u00e9t\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e varie d\u2019un d\u00e9partement \u00e0 l\u2019autre et en intensit\u00e9. Cette surmortalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 la plus forte et pr\u00e9coce dans le Haut-Rhin (4 fois plus de d\u00e9c\u00e8s la semaine du 23 mars), avec un niveau \u00e9quivalent \u00e0 ceux observ\u00e9s dans les r\u00e9gions espagnoles et italiennes les plus touch\u00e9es (Madrid, Castille, Lombardie). Le profil de la surmortalit\u00e9 hebdomadaire des trois autres d\u00e9partements de la r\u00e9gion Grand Est les plus touch\u00e9s (Vosges, Bas-Rhin et Moselle) est semblable, avec un maximum \u00e0 130 % environ durant les semaines du 23 et du 30 mars. Les maximas de surmortalit\u00e9 enregistr\u00e9s dans les autres d\u00e9partements sont moins \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n
La surmortalit\u00e9 est plus forte chez les hommes et augmente avec l\u2019\u00e2ge<\/h3>\n
Les d\u00e9c\u00e8s enregistr\u00e9s en temps normal concernent en grande majorit\u00e9 les personnes \u00e2g\u00e9es de 70 ans ou plus. Sur la p\u00e9riode de comparaison, celles-ci repr\u00e9sentent 67 % des d\u00e9c\u00e8s masculins et 83 % des d\u00e9c\u00e8s f\u00e9minins dans la r\u00e9gion. Entre le 2 mars et le 10 mai 2020, ces proportions augmentent, et les 70 ans et plus repr\u00e9sentent 75 % des d\u00e9c\u00e8s masculins et 87 % des d\u00e9c\u00e8s f\u00e9minins. Avant 40 ans, le nombre de d\u00e9c\u00e8s observ\u00e9s par sexe et \u00e2ge n\u2019est pas significativement diff\u00e9rent de celui observ\u00e9 sur la p\u00e9riode \u00e9quivalente en 2015-2019. La variation concerne des effectifs toujours tr\u00e8s faibles (moins de 200 d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s pour l\u2019ensemble de la r\u00e9gion durant la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e, soit 1,2 % des d\u00e9c\u00e8s). En revanche, \u00e0 partir de 50 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes, l\u2019exc\u00e8s de mortalit\u00e9 est important, que ce soit en termes absolus ou relatifs. Il s\u2019accro\u00eet encore au-del\u00e0 de 70 ans, avec un exc\u00e8s de mortalit\u00e9 maximum au-del\u00e0 de 90 ans pour les deux sexes (+ 78,2 % pour les hommes et + 61,2 % pour les femmes). En valeur absolue, ce sont les 80-89 ans qui sont le plus touch\u00e9s : 1 520 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires pour les hommes, 1 190 pour les femmes. L\u2019\u00e2ge semble bien \u00eatre un marqueur essentiel du risque. Le sexe compte aussi parmi les marqueurs de risque, la surmortalit\u00e9 \u00e9tant en\u00a0g\u00e9n\u00e9ral plus importante chez les hommes que chez les femmes.<\/p>\n
Surmortalit\u00e9 importante dans les \u00e9tablissements pour personnes \u00e2g\u00e9es<\/h3>\n
En France, la grande majorit\u00e9 des d\u00e9c\u00e8s ont lieu en milieu hospitalier (pr\u00e8s de 60 % en 2016), suivi des d\u00e9c\u00e8s \u00e0 domicile (26 %) puis en maison de retraite (13 %) et tr\u00e8s rarement sur la voie publique (1 %). Cette r\u00e9partition varie fortement selon l\u2019\u00e2ge et au-del\u00e0 de 70 ans, la part des d\u00e9c\u00e8s en maison de retraite cro\u00eet avec l\u2019\u00e2ge et d\u00e9passe 25 % apr\u00e8s 90 ans. Entre le 2 mars et le 10 mai 2020, les d\u00e9c\u00e8s sont rest\u00e9s largement majoritaires \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, mais la part observ\u00e9e en \u00e9tablissement pour personnes \u00e2g\u00e9es (EPA) a augment\u00e9. Pour les personnes de plus de 70 ans, la proportion passe de 17,4 % en moyenne entre 2015 et 2019 \u00e0 21,8 % en 2020 sur la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e. Durant la p\u00e9riode \u00e9pid\u00e9mique, une surmortalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e quel que soit le lieu du d\u00e9c\u00e8s et l\u2019\u00e2ge, mais elle a \u00e9t\u00e9 plus marqu\u00e9e dans les \u00e9tablissements pour personnes \u00e2g\u00e9es, notamment parmi les r\u00e9sidents les moins \u00e2g\u00e9s (pour les personnes entre 70 et 74 ans, l\u2019indice de surmortalit\u00e9 est de 2,49). Il est possible que l\u2019institutionnalisation de ces personnes trouve son origine dans un \u00e9tat de sant\u00e9 plus d\u00e9grad\u00e9 les ayant rendu plus vuln\u00e9rables face au virus. Dans le Grand Est, la surmortalit\u00e9 maximale dans les EPA est observ\u00e9e la semaine du 6 avril, durant laquelle les d\u00e9c\u00e8s dans ces\u00a0\u00e9tablissements sont 3,5 fois plus nombreux que pendant la p\u00e9riode de comparaison. Dans les EPA des d\u00e9partements les plus touch\u00e9s, la surmortalit\u00e9 hebdomadaire a \u00e9t\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e vers la fin du mois de mars. Dans le Haut-Rhin en particulier, la surmortalit\u00e9 en EPA atteint son maximum (7 fois plus de d\u00e9c\u00e8s la semaine du 23 mars), suivi de la Meuse (plus de 4,5 fois plus de d\u00e9c\u00e8s les semaines du 30 mars et du 6 avril), du Bas-Rhin (4,4 fois plus de d\u00e9c\u00e8s la semaine du 30 mars) et la Marne (4,3 fois plus de d\u00e9c\u00e8s la semaine du 6 avril). Dans les Vosges, o\u00f9 la surmortalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, elle n\u2019est pas beaucoup plus importante en \u00e9tablissement pour personnes \u00e2g\u00e9es qu\u2019\u00e0 domicile ou \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Dans les autres d\u00e9partements, moins touch\u00e9s, la surmortalit\u00e9 ne diff\u00e8re que tr\u00e8s peu selon le lieu de d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n
Les communes les plus denses sont les plus touch\u00e9es par la surmortalit\u00e9<\/h3>\n
Dans le Grand Est, comme en France m\u00e9tropolitaine, ce sont les communes les plus denses qui sont les plus touch\u00e9es par la surmortalit\u00e9. Entre le 2 mars et le 10 mai 2020, 1 500 d\u00e9c\u00e8s suppl\u00e9mentaires surviennent dans les communes denses de la r\u00e9gion par rapport \u00e0 la p\u00e9riode de comparaison, soit une augmentation de 62 %. Les communes tr\u00e8s peu denses sont les moins touch\u00e9es par la surmortalit\u00e9, avec une augmentation de 14 % du nombre de d\u00e9c\u00e8s par rapport \u00e0 la moyenne des cinq ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Les communes de densit\u00e9 interm\u00e9diaire sont fortement touch\u00e9es dans le Grand Est, avec un indice de surmortalit\u00e9 nettement sup\u00e9rieur \u00e0 celui observ\u00e9 en moyenne en France m\u00e9tropolitaine (0,33 point d\u2019\u00e9cart), et qui se rapproche de celui observ\u00e9 dans les communes denses de la r\u00e9gion. Les communes de densit\u00e9 interm\u00e9diaire regroupent 33 % de la population de la r\u00e9gion, et 36 % des d\u00e9c\u00e8s de la p\u00e9riode observ\u00e9e. Toutefois, il est possible qu\u2019une partie de la relation\u00a0entre densit\u00e9 et surmortalit\u00e9 soit li\u00e9e au fait que les cas initiaux aient d\u2019abord transit\u00e9 par les grands centres urbains, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas \u00e0 Mulhouse par exemple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
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Covid-19 \u2013 Le Grand Est, deuxi\u00e8me r\u00e9gion fran\u00e7aise la plus touch\u00e9e par la surmortalit\u00e9 - Remiremont Info<\/title>\n\n\n\n\n\n\n\n\n\n\t\n\t\n\t\n\n\n\n\t\n\t\n\t\n