Nous sommes allés à la rencontre de dix résidentes de la Maison de Retraite L’Accueil à Remiremont pour échanger sur leur vision des métiers et leur évolution au fil des décennies. Ces femmes ont connu un monde du travail où les rôles professionnels étaient nettement plus genrés qu’aujourd’hui.
Sténodactylo, commerçante, enseignante, artiste peintre, cultivatrice ou ouvrière dans le textile : autant de professions exercées par ces résidentes, souvent par choix, parfois par nécessité. À leur époque, il était inimaginable qu’une femme devienne chirurgienne, magistrate, policière ou encore bûcheronne. Les écoles maternelles n’accueillaient que des enseignantes, tandis que dans les collèges et lycées, les hommes étaient majoritaires.
L’idée d’une femme ébéniste, par exemple, semblait inconcevable : « J’ai connu une femme qui a dû se battre pour exercer ce métier. Elle a persévéré et a fini par y parvenir, mais cela n’a pas été bien accepté au départ », confie l’une des résidentes.
Le monde du travail n’était pas tendre avec les femmes. Les inégalités salariales étaient monnaie courante et les perspectives d’évolution limitées. Le congé maternité, bien que parfois accordé, était court et peu généralisé. La garde des enfants reposait souvent sur la solidarité familiale, les nourrices et assistantes maternelles étant peu reconnues par la société.
Malgré ces contraintes, certaines femmes ont pu évoluer dans leur carrière, mais elles devaient faire leurs preuves davantage que leurs collègues masculins. « Dans une brigade de cuisine, il fallait se battre pour être acceptée, mais une fois sa place faite, on était reconnue », se souvient une autre résidente.
Les changements ont commencé à s’amorcer après le droit de vote des femmes, mais aussi après 1968, avec l’évolution des mentalités. Le droit de vote, l’accès à de nouvelles études et carrières, et la mixité progressive de certains secteurs ont contribué à faire évoluer les professions.
Aujourd’hui, des hommes deviennent sages-femmes, les femmes intègrent le BTP, la médecine ou encore l’armée. Si certaines professions restent encore largement masculines ou féminines – comme pilote de ligne ou conducteur de train – le choix de carrière est désormais plus libre.
Le conseil unanime de ces résidentes aux jeunes générations ? « Faites ce que vous aimez et ce que vous pouvez. »Autrefois, une carrière était souvent tracée à vie, tandis qu’aujourd’hui, il est plus facile d’évoluer et de changer de voie.
Certaines regrettent cependant l’abolition du service militaire, qui permettait selon elles d’acquérir des bases solides pour entrer dans la vie active. D’autres rappellent que, même si les femmes avaient déjà le permis de conduire à leur époque, il était mal vu par certains hommes qu’elles prennent le volant.
Le monde du travail a bien changé, et ces dix femmes, avec leur parcours et leur vécu, en sont les témoins privilégiés. Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir le point de vue des hommes cette fois !
Article écrit en collaboration avec : Madeleine, Odile, Evelyne, Elisabeth, Colette, Carmen, Ginette, Muguette, Annette et Jacqueline.
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Photographie : Uti Cfdt Vosges.
Ce vendredi 7 février, les salariés de Lidl se sont rassemblés devant le magasin de la rue d’Alsace à Épinal, répondant à l’appel national à la grève lancé par les syndicats CFDT, CFTC, CFE-CGC, FO et CGT.
Les revendications des grévistes portent principalement sur l’opposition à l’ouverture des magasins le dimanche, la demande d’une revalorisation salariale et la dénonciation de conditions de travail jugées de plus en plus difficiles, notamment en raison d’objectifs de performance trop élevés.
Parmi les soutiens présents sur place, Franck Gasmann, de la Fédération CFDT des Services, et Jean-Jacques Durupt, délégué syndical CFDT, ont réaffirmé l’importance de cette mobilisation pour défendre les droits des employés.
En début d’après-midi, les manifestants avaient levé le camp devant l’enseigne spinalienne.
Parallèlement, des manifestants se sont également installés à l’entrepôt de Gondreville, où s’approvisionnent les transporteurs. Toutefois, selon nos informations, ni la centrale logistique ni les magasins vosgiens n’ont été bloqués au point d’empêcher les livraisons.
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