Gaston Curien nous livre ses souvenirs du crash d\u2019un avion au Mont Saint-Odile en janvier 1992. Il avait fait 87 morts et 9 survivants. Un r\u00e9cit aussi poignant qu\u2019authentique.<\/strong><\/p>\n Le 20 janvier 1992, reporter photographe \u00e0 feu La Libert\u00e9 de l\u2019Est, je re\u00e7ois vers 20 heures un appel du journal m\u2019informant qu\u2019un avion de ligne vient de se crasher au Mont Sainte-Odile (87 morts et 9 survivants)\u00a0et qu\u2019il faut m\u2019y rendre. Apr\u00e8s un bref passage au journal\u00a0pour emmener\u00a0un r\u00e9dacteur avec moi, me voil\u00e0\u00a0 parti pour les Cr\u00eates Vosgiennes.<\/em><\/p>\n Connaissant parfaitement le massif gr\u00e2ce \u00e0 mes p\u00e9r\u00e9grinations sportives dues au ski nordique, je prends la direction du Champ du Feu au lieu du parcours traditionnel, et ce malgr\u00e9 les contestations de mon accompagnateur.<\/em><\/p>\n Bien m\u2019en prit, arriv\u00e9 sur le plateau, nous rencontrons un barrage de gendarmerie que nous parvenons \u00e0 passer all\u00e9grement gr\u00e2ce \u00e0 nos cartes de presse. Quelques hectom\u00e8tres plus loin, j\u2019aper\u00e7ois une silhouette marchant le long de la route menant au Mont Sainte-Odile. Arriv\u00e9 \u00e0 sa hauteur, je m\u2019aper\u00e7ois que cette personne est une\u00a0bonne s\u0153ur du couvent. Je lui demande si nous pouvons lui rendre service vu que le thermom\u00e8tre marque all\u00e9grement les moins 20 degr\u00e9s, elle me r\u00e9pond qu\u2019elle revient de l\u2019\u00e9pave et qu\u2019elle rentre au couvent. Malin, je lui propose de la raccompagner sachant qu\u2019avec cet alibi, nous aurions carte blanche pour la suite.<\/em><\/p>\n Je ne vous dis pas la suite, apr\u00e8s un repas et une bonne nuit au couvent (je garde pr\u00e9cieusement la note de notre s\u00e9jour, comme un troph\u00e9e), le lendemain matin gr\u00e2ce \u00e0 notre guide de la veille, nous sommes les premiers journalistes sur les lieux du drame au grand \u00e9tonnement des forces de l\u2019ordre. Sur les lieux, c\u2019est l\u2019apocalypse, une odeur de k\u00e9ros\u00e8ne et de chair humaine nous prenait \u00e0 la gorge. Visuellement, c\u2019\u00e9tait l\u2019horreur\u00a0: des v\u00eatements \u00e9pars, des valises \u00e9ventr\u00e9es, des chaussures, et surtout des lambeaux de corps humains \u00e0 chaque pas (mains, pieds).<\/em><\/p>\n Pour confirmer mes dires le spectacle, j\u2019avan\u00e7ais \u00e0 petits pas l\u2019\u0153il coll\u00e9 \u00e0 mon viseur d\u2019appareil photo afin de r\u00e9sister moralement. Heureusement, ce jour-l\u00e0, il y avait une \u00e9paisse couche de neige.<\/em><\/p>\n Je plains les sauveteurs de ces jours derniers, ils ne sont pas pr\u00e8s d\u2019oublier. Personnellement et sans aide, j\u2019ai mis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 effacer ces images de ma pens\u00e9e.<\/em><\/p>\n Aujourd\u2019hui, pour avoir la preuve du suicide de ce pilote il faut savoir ce que celui-ci a fait du k\u00e9ros\u00e8ne des r\u00e9servoirs, vu que les t\u00e9moins n\u2019ont entendu aucune explosion lors du crash.<\/em><\/p>\n Gaston Curien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Gaston Curien nous livre ses souvenirs du crash d\u2019un avion au Mont Saint-Odile en janvier 1992. Il avait fait 87 […]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"acf":[],"yoast_head":"\n